Accueil Casafree : Les forêts d'Afrique centrale victimes d'un commerce illégal - Environnement - Webzine
Environnement : Les forêts d'Afrique centrale victimes d'un commerce illégal
Les bois tropicaux d'Afrique centrale font l'objet d'un commerce illégal sur le marché international, favorisé dans une large mesure par l'inexistence de législations nationales fortes et par la corruption qui gangrène les administrations forestières.

Jeudi, des représentants des industriels européens opérant en Afrique et de la société civile réunis à Brazzaville pour préparer le sommet des Chefs d'Etat du bassin du Congo qui se tient samedi dans la capitale congolaise, ont évoqué largement, du moins sur la forme, l'existence de ce trafic illégal en mettant en exergue la responsabilité des pays producteurs de bois.

"Il y a dans les pays producteurs de bois un manque de transparence et une corruption à grande échelle qui favorisent le trafic illicite sur le marché international", estime Filip Verbelen de l'organisation écologique Greenpeace.

Ces phénomènes "font perdre aux pays du bassin du Congo des dizaines de millions d'euros chaque année", ajoute M. Verbelen.

D'après lui, l'absence de plans d'aménagement forestiers dans les zones d'exploitation contribue à l'exploitation peu ordonnée des bois dans nombre de ces Etats, où la forêt, avec 200 millions d'hectares, représentent 30% de l'ensemble du massif forestier africain.

"Sur les sept pays que compte ce bassin, seuls le Cameroun, le Congo et le Gabon disposent de plans d'aménagement, c'est-à-dire de concessions forestières où la coupe du bois est très réglementée et obéit à des normes bien définies", souligne M. Verbelen.

"Il y a des sociétés forestières privées qui travaillent dans l'illégalité parce qu'elles n'ont pas d'autorisation de couper du bois. Mais elles sont encouragées par des administrations forestières", affirme-t-il.

Pour le président de l'Association interafricaine des industries forestières (IFIA) qui regroupe les syndicats patronaux du secteur des forêts, Jean-Jacques Landrot, cette "illégalité n'est pas le fait des sociétés forestières, mais la conséquence des mauvaises prestations des administrations forestières".

Plus d'un millier de sociétés privées, pour la plupart originaires d'Europe, exploitent les bois africains et dans les sept pays du bassin du Congo, Congo, République démocratique du Congo, Gabon, Cameroun, Guinée équatoriale, Centrafrique et Tchad, 13 millions de m3 de grumes sont produits chaque année.

Une bonne partie de cette production est exportée dans les pays de l'Union européenne, en Amérique du Nord et dans les autres pays africains.

"Une cinquantaine de sociétés forestières privées exercent leurs activités d'exploitation et d'exportation dans la légalité. Ces sociétés ont accepté de se soumettre à des contrôles internationaux pour montrer que le bois exporté est issu d'exploitation régulière", souligne M. Landrot.

Ces entreprises mettent actuellement au point leur propre système de certification des bois tropicaux, une sorte de label destiné à garantir la traçabilité des bois des zones d'exploitation, au stockage et à l'exportation.

Ce système s'appuie sur l'initiative européenne relative à l'"application des réglementations forestières à la gouvernance et aux échanges commerciaux" lancée en 2002.

"Ce système de certification que les sociétés forestières mettent au point nous semble privilégier plus l'aspect économique que l'aspect environnemental et social. Il ne faut pas qu'il serve à blanchir des certificats qui ne sont pas soutenus par les populations locales", prévient Sébastien Risso de Greenpeace.

Source : AFP

Casafree.com le 7/2/2005 8:10:00
Les articles publiés sur le webzine Casafree.com sont sous copyright Casafree.com et nos agences de presse partenaires Panapress, PRN, et Xinhua sauf mention contraire. Toute reproduction même partielle des articles sans leur accord écrit est strictement interdite.
Article précédent: Michael Jackson a interdit à son ex-femme d'évoquer leur vie sexuelle
Article suivant: La Chine est le pays du monde qui emprisonne le plus de journalistes

Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Conversation

inscription
Votre compte Casafree :

La météo des autres villes