Posté le : 01/02/2012 15:46
Philippe Nassif, qui a recueilli les propos de Michel Hulin dans Philosophie magazine, et dont je ne fais que souligner quelques traits saillants ci-dessous, présente ainsi, en liminaire dans son article, les explications de cet amoureux du bouddhisme: « Éclaircissements du philosophe et spécialiste de la pensée indienne.»

Michel Hulin est philosophe et professeur de philosophie indienne. Il a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet. Dans un article de Philosophie magazine, Nirvana, mode d'emploi*, il va tenter, comme beaucoup avant lui, d'expliquer que le bouddhisme n'est pas nihiliste, que le vide n'est pas néant. Joli programme, mais on se demande comment s'y prendra-t-il pour se distinguer. Selon lui, l'erreur de penser que le bouddhisme est nihiliste vient de la fausse représentation que Schopenhauer, ainsi que d'autres philosophes, en firent. Se sont-ils trompés si grossièrement à propos du sens d'un mot? Qu'est-ce que le nihilisme, qu'elle est sa définition? Si le vocable nihilisme est moins répandu, annihiler, en revanche, est plus connu: il veut dire « réduire à rien ». Si je déclare que je vais ''anéantir'' vos projets ou les ''annihiler'', ces deux propositions signifient la même chose, n'est-ce pas?
Il n'en est rien pour les bouddhistes. Dans leur terminologie, vide ne veut pas dire vide. Car dans le vide, argumente Hulin, il y a tout de même quelque chose. Voici comment s'ouvre l'article: « Le bouddhisme propose une voie de salut simple et radical: et si, à l'origine de toute souffrance, il y avait l'illusion du moi ? » Il a écrit «simple», mais on pressent déjà les difficultés sous-entendues. Qu'est-ce donc cette «illusion du moi? » Le moi, dans la philosophie hindoue, c'est l'âme, l'atman. Mais Bouddha, en athée convaincu qu'il est, trouve la notion de l'âme éternelle et immortelle incohérente et décide que tout est faux. Pas tout, en fait, car il ne pourra pas se défaire de la réincarnation, la doctrine de la transmigration des âmes! Mais comme l'âme n'existe pas -selon lui-, il s'agit alors de concocter une entité qui la remplacera. Ce n'est plus une âme dans le sens traditionnel et spirituel, mais c'est tout comme. Bref, quand on crée, quand on invente, quand on fait tabula rasa, tout nouveau concept, surtout s'il s'oppose à l'ancien, comme le judaïsme au paganisme, est une réalisation digne de ce nom, c'est progressiste. De l'art. En l'occurrence, l'art de remplir le vide avec du vide.

Quand la Bible conseille de ne pas construire sa maison sur un pont (le dit-elle?), c'est une chose, mais quand M. Hulin soutient le contraire, c'en est une autre. Écoutez-le: «Il faudrait parvenir à se sentir comme un lieu de passage, dit le Bouddha à la manière d'un Héraclite, comme le siège de phénomènes qui nous précédent, nous traversent et nous emportent au loin.» Dans la réalité, selon mon expérience, s'il y a un lieu où il ne faut pas traîner, ce sont bien les lieux de passage. Évidemment, si l'on aime les courants d'air, c'est autre chose... Mais l'interview de Michel Hulin n'est pas terminée ; du même souffle, il ajoute : « Et c'est à partir de cette analyse que prend sens l'idée qu'il existe un état, le nirvana, où cesse toute la douleur. » Normal, vous n'existez plus ! « Et une voie de salut qui y mène. », continue-t-il. Qui est mené, puisqu'il n'y a personne, puisque le moi n'existe pas?! Puisque selon les bouddhistes d'ailleurs, je cite M. Hulin : « Il n'y a personne pour entrer au nirvana, étant donné que le soi a été dissolu. » Après on viendra me dire que ce n'est pas du nihilisme !En tout cas, rien de nouveau et d'éclairant...
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Michel Hulin est philosophe et professeur de philosophie indienne. Il a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet. Dans un article de Philosophie magazine, Nirvana, mode d'emploi*, il va tenter, comme beaucoup avant lui, d'expliquer que le bouddhisme n'est pas nihiliste, que le vide n'est pas néant. Joli programme, mais on se demande comment s'y prendra-t-il pour se distinguer. Selon lui, l'erreur de penser que le bouddhisme est nihiliste vient de la fausse représentation que Schopenhauer, ainsi que d'autres philosophes, en firent. Se sont-ils trompés si grossièrement à propos du sens d'un mot? Qu'est-ce que le nihilisme, qu'elle est sa définition? Si le vocable nihilisme est moins répandu, annihiler, en revanche, est plus connu: il veut dire « réduire à rien ». Si je déclare que je vais ''anéantir'' vos projets ou les ''annihiler'', ces deux propositions signifient la même chose, n'est-ce pas?
Il n'en est rien pour les bouddhistes. Dans leur terminologie, vide ne veut pas dire vide. Car dans le vide, argumente Hulin, il y a tout de même quelque chose. Voici comment s'ouvre l'article: « Le bouddhisme propose une voie de salut simple et radical: et si, à l'origine de toute souffrance, il y avait l'illusion du moi ? » Il a écrit «simple», mais on pressent déjà les difficultés sous-entendues. Qu'est-ce donc cette «illusion du moi? » Le moi, dans la philosophie hindoue, c'est l'âme, l'atman. Mais Bouddha, en athée convaincu qu'il est, trouve la notion de l'âme éternelle et immortelle incohérente et décide que tout est faux. Pas tout, en fait, car il ne pourra pas se défaire de la réincarnation, la doctrine de la transmigration des âmes! Mais comme l'âme n'existe pas -selon lui-, il s'agit alors de concocter une entité qui la remplacera. Ce n'est plus une âme dans le sens traditionnel et spirituel, mais c'est tout comme. Bref, quand on crée, quand on invente, quand on fait tabula rasa, tout nouveau concept, surtout s'il s'oppose à l'ancien, comme le judaïsme au paganisme, est une réalisation digne de ce nom, c'est progressiste. De l'art. En l'occurrence, l'art de remplir le vide avec du vide.

Quand la Bible conseille de ne pas construire sa maison sur un pont (le dit-elle?), c'est une chose, mais quand M. Hulin soutient le contraire, c'en est une autre. Écoutez-le: «Il faudrait parvenir à se sentir comme un lieu de passage, dit le Bouddha à la manière d'un Héraclite, comme le siège de phénomènes qui nous précédent, nous traversent et nous emportent au loin.» Dans la réalité, selon mon expérience, s'il y a un lieu où il ne faut pas traîner, ce sont bien les lieux de passage. Évidemment, si l'on aime les courants d'air, c'est autre chose... Mais l'interview de Michel Hulin n'est pas terminée ; du même souffle, il ajoute : « Et c'est à partir de cette analyse que prend sens l'idée qu'il existe un état, le nirvana, où cesse toute la douleur. » Normal, vous n'existez plus ! « Et une voie de salut qui y mène. », continue-t-il. Qui est mené, puisqu'il n'y a personne, puisque le moi n'existe pas?! Puisque selon les bouddhistes d'ailleurs, je cite M. Hulin : « Il n'y a personne pour entrer au nirvana, étant donné que le soi a été dissolu. » Après on viendra me dire que ce n'est pas du nihilisme !En tout cas, rien de nouveau et d'éclairant...
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Je suis gentil avec les gentils, méchant avec les méchants
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