Bhoutan voyage et tourisme
Posté par Voyage le : 19/07/2009 23:43
L’insolite a son royaume : le Bhoutan. Peuplé de 600 000 habitants seulement, ce petit Poucet de l’Asie, cerné par deux Léviathans — la Chine et l’Inde —, aux confins du Tibet, propose l’un des tourismes les moins conventionnels de la planète.

Contrairement à la plupart des pays de la région, qui comptent largement sur la manne touristique, le Bhoutan n’accepte les visiteurs étrangers qu’au compte-gouttes. Avant 1974, s’y rendre constituait une réelle aventure. Il n’a entrouvert timidement ses portes que depuis les années 80 et, à l’heure actuelle, les flux de visiteurs sont contrôlés par un organisme gouvernemental, le TAB (Tourism Authority of Bhutan), qui a édicté des règles strictes.
Aux yeux du visiteur potentiel, cette réglementation plutôt draconienne peut paraître rebutante et dissuasive, voire contraire à l’esprit même du voyage. Il n’en est rien. En réalité, plus que d’une réclusion volontaire ou d’un refus de l’autre, ces pratiquent découlent d’une politique réfléchie, dont d’autres pays gagneraient à s’inspirer. Ce petit royaume se sait un joyau vulnérable et entend se préserver des conséquences dommageables d’un tourisme à grande échelle. Préférant s’écarter des "modèles" népalais ou thaïlandais, le pays a choisi la voie de la sagesse en limitant la pression touristique et en misant sur des prestations de qualité. D’où l’instauration du forfait, destiné à réguler ipso facto le nombre d’entrées dans le pays ; ainsi, seuls 2 000 à 4 000 privilégiés visitent annuellement le pays, volume considéré comme acceptable par les autorités. Quant à la formule du voyage préétabli, elle ne signifie pas nécessairement groupe organisé ; les individuels ont en effet toute latitude pour élaborer leur propre circuit, dans la mesure où ils recourent aux services d’une agence de voyages locale.
Une fois acceptées, ces modalités quelque peu déroutantes, il ne reste plus qu’à découvrir les trésors du pays. Et là, le ticket d’entrée est largement justifié. Au Bhoutan, le visiteur est littéralement aspiré dans un autre monde, une autre dimension. Le mode de vie et la culture, totalement déconcertants, comportent des survivances quasi médiévales. L’architecture, d’inspiration bouddhique, constitue sans aucun doute l’élément le plus fascinant. Les habitations traditionnelles rappellent, curieusement, des chalets... suisses. Mais plus encore, ce sont les édifices religieux qui retiennent le regard ; le pays est piqueté d’impressionnants dzongs, sorte de monastères-citadelles aux façades blanches perchés sur des crêtes. Ces monuments, symboles visuels de puissance et de l’unité spirituelle, visibles à des kilomètres à la ronde, se visitent
Le patrimoine artistique et artisanal, d’inspiration essentiellement religieuse, force également l’admiration. Parmi les productions les plus caractéristiques, mentionnons les thangkas, sortes de peintures sur toile, montées sur un brocart, les sculptures, figurant des objets rituels, et les tissages, en coton ou en soie, d’un raffinement exceptionnel, dont la renommée a franchi les frontières.
Enclavé dans le massif himalayen, le Bhoutan est évidemment le paradis du trekking. Le marcheur, accompagné d’un guide qualifié, a l’assurance de découvrir des régions pratiquement vierges où les visiteurs restent l’exception. Une quinzaine d’itinéraires, pour tous niveaux, sont envisageables. Certains impliquent des passages à plus de 4 500 m et permettent d’explorer la partie la plus méconnue de l’Himalaya. Le portage est assuré par des yaks.
Alors que le football est le sport national de la plupart des pays du monde, le Bhoutan, une fois de plus, se distingue. Bien malin celui qui devinera quelle est l’activité qui fait vibrer les foules bhoutanaises. Le cricket, comme le voisin indien ? Vous n’y êtes pas. Il s’agit tout bonnement du datse, le tir à l’arc. Le pays compte autant de plates-formes que de monastères, et des tournois ont régulièrement lieu, opposant deux équipes d’archers, en tenue d’apparat. Dans une ambiance festive, encouragés par leurs supporters respectifs, ils visent des cibles placées à 140 m (50 m aux Jeux olympiques), munis d’arcs modernes ou d’arcs traditionnels en bambou.
En fin de compte, la faible fréquentation touristique, évoquée plus haut, comporte de nombreux avantages. Le dépaysement est absolu et les rapports avec la population, réputée très hospitalière, gardent une réelle spontanéité. Aucun risque non plus de croiser des colonnes de marcheurs sur les sentiers de trek, comme au Népal. Quant aux productions artisanales et aux manifestations culturelles, elles n’ont pas vocation à servir de divertissement touristique, mais constituent la traduction concrète, vivante et quotidienne de l’identité bhoutanaise.
Petit secret bien gardé, le Bhoutan cultive jalousement sa différence et offre le visage d’une Asie inédite.

Contrairement à la plupart des pays de la région, qui comptent largement sur la manne touristique, le Bhoutan n’accepte les visiteurs étrangers qu’au compte-gouttes. Avant 1974, s’y rendre constituait une réelle aventure. Il n’a entrouvert timidement ses portes que depuis les années 80 et, à l’heure actuelle, les flux de visiteurs sont contrôlés par un organisme gouvernemental, le TAB (Tourism Authority of Bhutan), qui a édicté des règles strictes.
Aux yeux du visiteur potentiel, cette réglementation plutôt draconienne peut paraître rebutante et dissuasive, voire contraire à l’esprit même du voyage. Il n’en est rien. En réalité, plus que d’une réclusion volontaire ou d’un refus de l’autre, ces pratiquent découlent d’une politique réfléchie, dont d’autres pays gagneraient à s’inspirer. Ce petit royaume se sait un joyau vulnérable et entend se préserver des conséquences dommageables d’un tourisme à grande échelle. Préférant s’écarter des "modèles" népalais ou thaïlandais, le pays a choisi la voie de la sagesse en limitant la pression touristique et en misant sur des prestations de qualité. D’où l’instauration du forfait, destiné à réguler ipso facto le nombre d’entrées dans le pays ; ainsi, seuls 2 000 à 4 000 privilégiés visitent annuellement le pays, volume considéré comme acceptable par les autorités. Quant à la formule du voyage préétabli, elle ne signifie pas nécessairement groupe organisé ; les individuels ont en effet toute latitude pour élaborer leur propre circuit, dans la mesure où ils recourent aux services d’une agence de voyages locale.
Une fois acceptées, ces modalités quelque peu déroutantes, il ne reste plus qu’à découvrir les trésors du pays. Et là, le ticket d’entrée est largement justifié. Au Bhoutan, le visiteur est littéralement aspiré dans un autre monde, une autre dimension. Le mode de vie et la culture, totalement déconcertants, comportent des survivances quasi médiévales. L’architecture, d’inspiration bouddhique, constitue sans aucun doute l’élément le plus fascinant. Les habitations traditionnelles rappellent, curieusement, des chalets... suisses. Mais plus encore, ce sont les édifices religieux qui retiennent le regard ; le pays est piqueté d’impressionnants dzongs, sorte de monastères-citadelles aux façades blanches perchés sur des crêtes. Ces monuments, symboles visuels de puissance et de l’unité spirituelle, visibles à des kilomètres à la ronde, se visitent
Le patrimoine artistique et artisanal, d’inspiration essentiellement religieuse, force également l’admiration. Parmi les productions les plus caractéristiques, mentionnons les thangkas, sortes de peintures sur toile, montées sur un brocart, les sculptures, figurant des objets rituels, et les tissages, en coton ou en soie, d’un raffinement exceptionnel, dont la renommée a franchi les frontières.
Enclavé dans le massif himalayen, le Bhoutan est évidemment le paradis du trekking. Le marcheur, accompagné d’un guide qualifié, a l’assurance de découvrir des régions pratiquement vierges où les visiteurs restent l’exception. Une quinzaine d’itinéraires, pour tous niveaux, sont envisageables. Certains impliquent des passages à plus de 4 500 m et permettent d’explorer la partie la plus méconnue de l’Himalaya. Le portage est assuré par des yaks.
Alors que le football est le sport national de la plupart des pays du monde, le Bhoutan, une fois de plus, se distingue. Bien malin celui qui devinera quelle est l’activité qui fait vibrer les foules bhoutanaises. Le cricket, comme le voisin indien ? Vous n’y êtes pas. Il s’agit tout bonnement du datse, le tir à l’arc. Le pays compte autant de plates-formes que de monastères, et des tournois ont régulièrement lieu, opposant deux équipes d’archers, en tenue d’apparat. Dans une ambiance festive, encouragés par leurs supporters respectifs, ils visent des cibles placées à 140 m (50 m aux Jeux olympiques), munis d’arcs modernes ou d’arcs traditionnels en bambou.
En fin de compte, la faible fréquentation touristique, évoquée plus haut, comporte de nombreux avantages. Le dépaysement est absolu et les rapports avec la population, réputée très hospitalière, gardent une réelle spontanéité. Aucun risque non plus de croiser des colonnes de marcheurs sur les sentiers de trek, comme au Népal. Quant aux productions artisanales et aux manifestations culturelles, elles n’ont pas vocation à servir de divertissement touristique, mais constituent la traduction concrète, vivante et quotidienne de l’identité bhoutanaise.
Petit secret bien gardé, le Bhoutan cultive jalousement sa différence et offre le visage d’une Asie inédite.





