JAFFA, L'HISTOIRE D'UNE VILLE DE PALESTINE ET D'ISRAËL
Posté par Palox le : 10/06/2009 0:16
Citation :

Est ce que comme sa films peuvent aider les jeunes a mieux connaitre l histoire et le conflit arabe-israélien?
De par le monde, il est des villes dont l'histoire porte en elle le sel des plus illustres tragédies. Ainsi, en va-t-il de Saint-Pétersbourg, utopie d'un tsar, dont le nom ne cessa de changer au gré des agitations révolutionnaires. Et que dire de Berlin, elle qui subit dans ses dernières décennies, le blocus d'un Staline acharné et l'insupportable d'une division qui n'allait que trop durer, après avoir tant résonnée des bruits de bottes totalitaires. Et pourtant, parmi ces enclaves aux édifiantes destinées, il en est une, aujourd'hui, qui parle à nos consciences plus encore que jamais : cette ville, c'est Jaffa, creuset de l'identité palestinienne en plein coeur de Tel-Aviv, la blanche cité israélienne.
Une ville d'histoire et d'espoir
« En tournant à Jaffa, j'ai essayé de montrer que le conflit entre Israël et la Palestine ne peut pas être réglé en érigeant un mur ». Keren Yedaya
Mise en avant par Jaffa, le second long de Keren Yedaya, cette ville illustre à merveille toutes les difficultés que peuvent rencontrer ensemble et entre eux, Israéliens et Palestiniens. En effet, lieu où s'unirent étroitement les deux cultures, cette ancienne terre arabe ouverte à la judéité connaît aujourd'hui l'ombre tutélaire de l'une des plus importantes cités de l'Etat hébreux, Tel-Aviv. Ainsi, cohabitent dans l'espace de la cité et à proximité, toutes les composantes du problème israélo-palestinien.
En effet, cosmopolite par essence, celle que l'on surnomma la ville aux oranges est marquée par l'ouverture aux autres, tout autant qu'elle souligne ce fossé entre Juifs et Arabes creusé tout au long du XXe siècle. Si elle parvint à mêler au cours du XIXe siècle, tous les courants des trois religions du Livre, elle sut aussi devenir l'un des bastions du nationalisme arabe et en même temps, s'imposer comme l'un des principaux foyers d'accueil de la diaspora juive mondiale. Lieu de tous les paradoxes et de tous les métissages, elle fut ainsi tantôt un havre de paix, tantôt le creuset d'une opposition qui n'eut de cesse de se radicaliser. Et son histoire récente n'en est que la triste mais non moins éclatante confirmation : elle accueillit de nombreux rescapés de l'Holocauste et en même temps, subit de plein fouet, l'inique plan de partage onusien, au point d'être incluse dans le nouvel Etat hébreux et devenir l'une des premières terres d'expression de la colère arabo-palestinienne.
De ville principale à laquelle la jeune Tel Aviv était unie jusque dans les années 1930, Jaffa allait ensuite devenir une partie de cette dernière dès 1950, périclitant comme c'était prévisible une fois son port fermé au profit de celui d'Ashdod. Commença alors la lente décrépitude de l'identité arabe en ces lieux et tout autant la naissance d'une nouvelle manière de vivre. En effet, lieu d'accueil des migrants juifs venant principalement d'Europe et du reste du Moyen Orient, la partie sud de Tel Aviv évolua entre inter-culturalité et revendication égalitaire au point de devenir aujourd'hui le lieu de rencontres d'une foule bigarrée et disparate au possible.
Personnage de dédales, de ruelles et de pierres
A l'instar de Florence pour le Lorenzaccio d'Alfred de Musset, Jaffa est donc dans le film de Keren Yedaya, le plus silencieux de ses personnages mais pas le moins éloquent. Comme Nazareth dans The time that remains, le dernier film d'Elia Suleiman ou semblable à la très conservatrice Jérusalem dans Eyes wide Open, la ville fait écho à ce conflit qui s'échine à ne jamais cesser. Mais tout autant, rappelle-t-elle la possibilité de s'entendre et nous raconte au travers de ses péripéties, ce que tant d'autres cités de Judée vécurent en même temps qu'elle. Espace où se projettent les émotions, les revendications autant que les promesses d'un autre lendemain, Jaffa s'impose donc comme l'exacte incarnation d'un paradoxe, celui d'une terre ouverte à deux peuples mais qui n'en reconnaît qu'un. Ainsi, celle qui fut avec Acre l'une des Échelles du Levant est à la Palestine d'aujourd'hui ce qu'est Paris aux amoureux insouciants, l'expression d'une vérité profonde qui naviguerait entre imagerie, réalité et fantasmes.
Actrice malgré elle d'un conflit dont elle s'est faite hôte, la cité au plus de 3500 ans est à la fois enclave, refuge et terrain de résistance. Lieu de mémoire, de luttes et de conflits, elle bruisse aussi de la vie de tous ces gens dont les origines, les cultures et les religions se mêlent en son sein pour espérons-le, figurer ce que sera demain la réconciliation tant espérée entre Israéliens et Palestiniens.

Est ce que comme sa films peuvent aider les jeunes a mieux connaitre l histoire et le conflit arabe-israélien?
_________________
Il est interdit d'interdire!
Soyez réalistes, demandez l'impossible !
Il est interdit d'interdire!
Soyez réalistes, demandez l'impossible !





