Posté le : 16/02/2005 16:04
Le défunt roi, Hassan II, a eu une histoire conflictuelle avec le soufisme.

Lorsqu'en septembre 1974, Abdessallam Yassine envoie au Roi Hassan II une lettre manuscrite de cent pages intitulée « l'Islam et le déluge », la première réaction au sein du pouvoir est la stupéfaction. Yassine est immédiatement arrêté avec ses compagnons signataires, Mohamed Alaoui Slimani et Ahmed Melakh. Il purge une peine de trois ans de réclusion dans un hôpital psychiatrique sans avoir jamais eu de procès. Le pouvoir découvre alors ce frondeur de la « Tariqa Boutchichiya », quelques années après avoir « fait taire » un prédicateur tout aussi « irrespectueux », le cheikh Zitouni à Marrakech.
Le cheikh cantonné à Berkane
La « Tariqa Boudchichiya » est également visée : les déplacements de son cheikh sont limités à la province de Berkane et ses adeptes sont soumis à des interrogatoires jusqu'en 1993. Le confinement de Yassine n'en reste pas là. À sa sortie de prison en 1978, il lui est interdit de dispenser des cours à la mosquée à Marrakech.
Une mesure que contourne le futur cheikh en ouvrant sa propre maison à ses disciples. De nouveau arrêté en 1983, il est condamné à deux ans de prison et est placé en résidence surveillée à partir de 1988. Le Roi défunt a toujours condamné légèrement Yassine pour tenter de garder les canaux ouverts avec son association. Cette politique du chaud et du froid confère au cheikh son statut de martyr. On lui permet d'éditer ses ouvrages en toute liberté pour consolider une relation avec le Palais qui, au fil du temps, devient rituelle. Les négociations sont ouvertes avec le mouvement à partir des années 80 et seront toujours maintenues. Le retour en grâce de la Tariqa Boudchichiya se fait plus en douceur.
C'est un futur adepte de la Tariqa, le conseiller du Roi, Abdelkrim Bennani, et un alem proche du défunt Roi qui se posent en avocats des Boudchichis. Le fqih Regragui, pour qui Hassan II a une grande estime, demande à un ami commun à Casablanca, le alem Souiri, d'organiser une rencontre avec le cheikh Hamza alors confiné dans son village de Madagh. Ne pouvant voyager qu'avec l'autorisation du ministère de l'Intérieur, le chef de la confrérie, venu se soigner à Casa, est attendu par le fqih dans la plus pure tradition soufie. La tête découverte et les pieds nus, Regragui l'accueille et plaide sa cause auprès de Hassan II. La Tariqa qui jouit d'un rayonnement aussi bien en Europe qu'en Afrique et en particulier chez nos voisins algériens, a toujours veillé à ne pas froisser le pouvoir. Pour éviter les dissensions diplomatiques, Hamza interdit aux Algériens et aux Occidentaux de venir en pèlerinage dans son fief de l'Oriental. Il ne cesse de montrer des signes de sollicitude à l'égard du Palais mais, en pleine phobie khomeniste, la Tariqa Boudchichiya, parent génétique d'Al Adl Wal Ihssan, est mise dans le même sac.
Source: Le Journal
Le défunt roi, Hassan II, a eu une histoire conflictuelle avec le soufisme.

Lorsqu'en septembre 1974, Abdessallam Yassine envoie au Roi Hassan II une lettre manuscrite de cent pages intitulée « l'Islam et le déluge », la première réaction au sein du pouvoir est la stupéfaction. Yassine est immédiatement arrêté avec ses compagnons signataires, Mohamed Alaoui Slimani et Ahmed Melakh. Il purge une peine de trois ans de réclusion dans un hôpital psychiatrique sans avoir jamais eu de procès. Le pouvoir découvre alors ce frondeur de la « Tariqa Boutchichiya », quelques années après avoir « fait taire » un prédicateur tout aussi « irrespectueux », le cheikh Zitouni à Marrakech.
Le cheikh cantonné à Berkane
La « Tariqa Boudchichiya » est également visée : les déplacements de son cheikh sont limités à la province de Berkane et ses adeptes sont soumis à des interrogatoires jusqu'en 1993. Le confinement de Yassine n'en reste pas là. À sa sortie de prison en 1978, il lui est interdit de dispenser des cours à la mosquée à Marrakech.
Une mesure que contourne le futur cheikh en ouvrant sa propre maison à ses disciples. De nouveau arrêté en 1983, il est condamné à deux ans de prison et est placé en résidence surveillée à partir de 1988. Le Roi défunt a toujours condamné légèrement Yassine pour tenter de garder les canaux ouverts avec son association. Cette politique du chaud et du froid confère au cheikh son statut de martyr. On lui permet d'éditer ses ouvrages en toute liberté pour consolider une relation avec le Palais qui, au fil du temps, devient rituelle. Les négociations sont ouvertes avec le mouvement à partir des années 80 et seront toujours maintenues. Le retour en grâce de la Tariqa Boudchichiya se fait plus en douceur.
C'est un futur adepte de la Tariqa, le conseiller du Roi, Abdelkrim Bennani, et un alem proche du défunt Roi qui se posent en avocats des Boudchichis. Le fqih Regragui, pour qui Hassan II a une grande estime, demande à un ami commun à Casablanca, le alem Souiri, d'organiser une rencontre avec le cheikh Hamza alors confiné dans son village de Madagh. Ne pouvant voyager qu'avec l'autorisation du ministère de l'Intérieur, le chef de la confrérie, venu se soigner à Casa, est attendu par le fqih dans la plus pure tradition soufie. La tête découverte et les pieds nus, Regragui l'accueille et plaide sa cause auprès de Hassan II. La Tariqa qui jouit d'un rayonnement aussi bien en Europe qu'en Afrique et en particulier chez nos voisins algériens, a toujours veillé à ne pas froisser le pouvoir. Pour éviter les dissensions diplomatiques, Hamza interdit aux Algériens et aux Occidentaux de venir en pèlerinage dans son fief de l'Oriental. Il ne cesse de montrer des signes de sollicitude à l'égard du Palais mais, en pleine phobie khomeniste, la Tariqa Boudchichiya, parent génétique d'Al Adl Wal Ihssan, est mise dans le même sac.
Source: Le Journal
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