Contes, pamplets, satires philosophiques
Posté par Alain le : 20/01/2008 0:45
Ouverture d’un espace : contes, pamphlets, satires philosophiques
LE SCORPION ET LA GRENOUILLE
Un scorpion hésitait au bord d'une rivière
Car il était curieux de la rive au-delà.
Une grenouille verte qui passait par là
Fut aussitôt l'objet d'une ardente prière.
Passe-moi, je te prie, sur la rive opposée
Et je n'userai pas de mon bel aiguillon:
Je veux pouvoir scruter de nouveaux horizons
La profondeur de l'eau m'empêche de passer.
Le batracien pensa : suis-je bête d'avoir peur
Me piquant sur mon dos, il serait condamné.
"Je veux bien, lui dit-elle aussitôt, t'emmener;
J'espère cependant ne pas faire d'erreur."
Et les voilà partis sur l'onde frémissante.
Au beau milieu du cours, tout à coup le scorpion
Injecte son venin à la bête accueillante
Qui commence à couler dans un lent tourbillon.
"Pourquoi as-tu fait ça, dit la grenouille en pleurs,
Nous mourrons tous les deux: es-tu fou à lier ?
L'insecte malfaisant ne put que répliquer :
"Piquer est ma nature, le reste n'est qu'un leurre."
Chacun de nous, ici, ne fait qu'exécuter
Ce pourquoi il est fait, qu'il soit bon ou méchant
Rien ne pourra changer la nature des gens
En pensant le contraire tu pourrais te tromper.
LE SCORPION ET LA GRENOUILLE
Un scorpion hésitait au bord d'une rivière
Car il était curieux de la rive au-delà.
Une grenouille verte qui passait par là
Fut aussitôt l'objet d'une ardente prière.
Passe-moi, je te prie, sur la rive opposée
Et je n'userai pas de mon bel aiguillon:
Je veux pouvoir scruter de nouveaux horizons
La profondeur de l'eau m'empêche de passer.
Le batracien pensa : suis-je bête d'avoir peur
Me piquant sur mon dos, il serait condamné.
"Je veux bien, lui dit-elle aussitôt, t'emmener;
J'espère cependant ne pas faire d'erreur."
Et les voilà partis sur l'onde frémissante.
Au beau milieu du cours, tout à coup le scorpion
Injecte son venin à la bête accueillante
Qui commence à couler dans un lent tourbillon.
"Pourquoi as-tu fait ça, dit la grenouille en pleurs,
Nous mourrons tous les deux: es-tu fou à lier ?
L'insecte malfaisant ne put que répliquer :
"Piquer est ma nature, le reste n'est qu'un leurre."
Chacun de nous, ici, ne fait qu'exécuter
Ce pourquoi il est fait, qu'il soit bon ou méchant
Rien ne pourra changer la nature des gens
En pensant le contraire tu pourrais te tromper.
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Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti (Albert Camus)
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Re: Contes, pamplets, satires philosophiques
Posté par meed le : 20/01/2008 1:15
FEMME ET CHATTE
Elle jouait avec sa chatte
Et c'était merveille de voir
la main blanche et la blanche patte
S'ébattre dans l'ombre du soir
Elle cachait-la scélérate-
Sous ses mitaines de fil noir
Ses meurtriers ongles d'agate
Coupants clairs comme un rasoir
L'autre aussi faisait aussi la sucrée
Et rentrait sa griffe acérée
Mais le diable n'y perdait rien..
Et dans le boudoir où, sonore,
Tintait son rire aèrien,
Brillaient quatre points de phosphore.
Verlaine.
Elle jouait avec sa chatte
Et c'était merveille de voir
la main blanche et la blanche patte
S'ébattre dans l'ombre du soir
Elle cachait-la scélérate-
Sous ses mitaines de fil noir
Ses meurtriers ongles d'agate
Coupants clairs comme un rasoir
L'autre aussi faisait aussi la sucrée
Et rentrait sa griffe acérée
Mais le diable n'y perdait rien..
Et dans le boudoir où, sonore,
Tintait son rire aèrien,
Brillaient quatre points de phosphore.
Verlaine.
Re: Contes, pamplets, satires philosophiques
Posté par Alain le : 20/01/2008 11:36
A son arrivée à Athènes, Alexandre demande à voir le philosophe le plus célèbre de l'école cynique, Diogène, qui cherche la sagesse et vie dans la pauvreté ( 413-323 avant J.-C. ).
Alexandre s'approche du vieil homme qui habite un tonneau dans la rue, et le salue:
"Je suis Alexandre le Grand!"
L'homme le regarde et dit:
"Et moi je suis Diogène le chien!"
Alexandre le voyant si pauvre lui demande ce qu'il veut. Avec ironie Diogène répond:
"ôte-toi de mon soleil!"
Alexandre apprécie l'esprit du philosophe et s'en va en disant :
"Si je n'étais pas Alexandre, je voudrais être Diogène".
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Re: Contes, pamplets, satires philosophiques
Posté par Alain le : 20/01/2008 16:16
Le nez du chameau !
Une nuit froide, alors qu'un chamelier était assis dans sa tente, un chameau introduisit gentiment son nez sous le battant et regarda en disant: "Maitre, laissez-moi seulement mettre mon nez dans la tente. Il fait froid et c'est la tempête dehors."
"Certainement et bienvenue" dit le maitre en se retournant et s'endormant de nouveau,
Un peu plus tard, le chamelier se réveilla pour constater que le chameau avait non seulement mis son nez dans la tente mais aussi sa tête et son cou. Le chameau, retournant sa tête, dit : Je vais prendre juste un peu plus d'espace si je place mes pattes de devant dans la tente. C'est difficile de rester dehors."
"Oui, tu peux entrer tes pattes de devant," dit le maitre, se déplaçant un peu pour laisser de la place, car la tente était petite.
Finalement, le chameau dit, "Puis-je entrer complètement à l'intérieur ? Je garde la tente ouverte en me tenant comme je le fais."
Oui, oui, dit le chamelier. Entre complètement à l'intérieur. Ce sera peut-être mieux pour nous deux."
Alors le chameau s'entassa à l'intérieur. Le chamelier réussit difficilement à se rendormir dans ce cantonnement encombré. Lorsqu'il se réveilla de nouveau, il était dehors au froid et le chameau avait la tente pour lui tout seul.
Pensez-y deux fois avant de laisser quelqu'un mettre son nez dans vos affaires !
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Re: Contes, pamplets, satires philosophiques
Posté par TeTsuo le : 21/01/2008 11:20
Contes japonais !
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Kono komatta joutai kara mada nukedashiteinai!
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Re: Contes, pamplets, satires philosophiques
Posté par Alain le : 26/01/2008 23:42Fable express
Chaque fois que les gens découvrent son mensonge,
Le châtiment lui vient, par la colère accru.
Je suis cuit, je suis cuit ! Gémit-il comme en songe.
Moralité
Le menteur n'est jamais cru.
Alphonse ALLAIS
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Re: Contes, pamplets, satires philosophiques
Posté par Alain le : 05/02/2008 23:59
LA JEUNE VEUVE
La perte d'un Époux ne va point sans soupirs,
On fait beaucoup de bruit, et puis on se console.
Sur les ailes du Temps la Tristesse s'envole ;
Le Temps ramène les plaisirs.
Entre la Veuve d'une année
Et la Veuve d'une journée
La différence est grande : on ne croirait jamais
Que ce fût la même personne :
L'une fait fuir les gens, et l'autre a mille attraits.
Aux soupirs vrais ou faux celle-là s'abandonne ;
C'est toujours même note et pareil entretien :
On dit qu'on est inconsolable ;
On le dit, mais il n'en est rien,
Comme on verra par cette fable,
Ou plutôt par la vérité.
L'Époux d'une jeune Beauté
Partait pour l'autre monde. A ses côtés, sa Femme
Lui criait : Attends-moi, je te suis ; et mon âme,
Aussi bien que la tienne, est prête à s'envoler.
Le Mari fait seul le voyage.
La Belle avait un Père, homme prudent et sage :
Il laissa le torrent couler.
A la fin, pour la consoler,
Ma fille, luit dit-il, c'est trop verser de larmes :
Qu'a besoin le Défunt que vous noyiez vos charmes ?
Puisqu'il est des vivants, ne songez plus aux morts.
Je ne dis pas que tout à l'heure (2)
Une condition meilleure
Change en des noces ces transports (3) ;
Mais après certain temps souffrez qu'on vous propose
Un époux beau, bien fait, jeune, et tout autre chose
Que le Défunt. Ah ! dit-elle aussitôt,
Un cloître est l'époux qu'il me faut.
Le père lui laissa digérer sa disgrâce.
Un mois de la sorte se passe.
L'autre mois, on l'emploie à changer tous les jours
Quelque chose à l'habit, au linge, à la coiffure.
Le deuil enfin sert de parure,
En attendant d'autres atours.
Toute la bande des Amours
Revient au colombier ; les Jeux, les Ris, la Danse,
Ont aussi leur tour à la fin :
On se plonge soir et matin
Dans la fontaine de Jouvence.
Le père ne craint plus ce défunt tant chéri ;
Mais comment il ne parlait de rien à notre Belle :
Où donc est le jeune mari
Que vous m'avez promis ? dit-elle.
Jean de la Fontaine
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Re: Contes, pamplets, satires philosophiques
Posté par Alain le : 06/02/2008 0:26La Poule
La poule courait derrière un ver.
Becquetant le sol avec virulence, elle ne laissait derrière le passage du lombric que d'énormes cratères béants. "Au secours!!!" penserait la victime si elle pouvait penser, et, en admettant qu'elle pourrait penser, si le concept du "secours" existait entre les représentants de la race des vers.
Mais rien n'était moins sûr, et pour pouvoir continuer cette fascinante aventure, nous nous dirons que ce lombric n'appellerait pas au secours, ni en pensée, ni en paroles.
Son bec défaisait la terre, envoyait des particules de sol voltiger nerveusement aux alentours de la zone de frappe. Rien n'était plus violent que cette scène, et toute la basse-cour frémissait lubriquement à l'idée du carnage auquel ils risquent d'assister.
La bave d'expectation s'agglomérait sur les commissures des lèves de tout animal doté de lèvres, et pouvant produire naturellement de la bave en quantité suffisante.
Dans une giclée ignoble de matières organiques, la poule, essoufflée, les yeux exorbités, rassasia ce sentiment de faim atroce par un morceau d'excrément qui traînait par là. Le ver, lui, rentra à la maison boire un thé au jasmin. Les animaux de la basse-cour, légèrement dépités par la fin un peu standard de cette histoire, s'en allèrent vaquer à leurs occupations.
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Re: Contes, pamplets, satires philosophiques
Posté par Alain le : 06/02/2008 10:59Ponctuation
__ Ce n’est pas pour me vanter,
Disait la virgule,
Mais, sans mon jeu de pendule,
Les mots, tels des somnambules,
Ne feraient que se heurter.
__ C’est possible, dit le point.
Mais je règne, moi,
Et les grandes majuscules
Se moquent toutes de toi
Et de ta queue minuscule.
__ Ne soyez pas ridicules,
Dit le point-virgule,
On vous voit moins que la trace
De fourmis sur une glace.
Cessez vos conciliabules.
Ou, tous deux, je vous remplace!
Maurice Carême
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Re: Contes, pamplets, satires philosophiques
Posté par TeTsuo le : 13/02/2009 13:34
Maître l’Ours et Maître Lapin
Assis sur un coin de verdure
Au coeur d’une forêt de pins
Font leur offrande à la nature.
Chacun a l’esprit à sa tâche
Pour alléger son estomac
Lors tous deux forcent sans relâche
Et Maître l’Ours tient ce débat :
« Dites-moi, Monsieur du Lapin,
Ne trouvez-vous point que parfois
Il reste sur votre arrière-train
Les reliefs d’anciens repas
Cela ne vous gène-t-il pas
Qu’une partie de votre fourrure
Après avoir posé ce plat
Attire les mouches et soit dure ? »
« Cela jamais ne m’incommode :
Pour vagabonder dans les prés
La fourrure brune est à la mode
Et l’odeur en est fort prisée. »
Maître l’Ours, à ces mots, se lève,
S’empare de Maître Lapin
Et en poussant un soupir d’aise
Le passe sur son arrière train
Puis il se dandine et repart
Laissant Maître Lapin penaud
D’avoir réalisé trop tard
L’inconséquence de ses mots.
Fort dépité Maître Lapin
Eut la pensée que je vous dis :
« C’est au fondement du besoin
Que l’on reconnaît ses amis ».
Assis sur un coin de verdure
Au coeur d’une forêt de pins
Font leur offrande à la nature.
Chacun a l’esprit à sa tâche
Pour alléger son estomac
Lors tous deux forcent sans relâche
Et Maître l’Ours tient ce débat :
« Dites-moi, Monsieur du Lapin,
Ne trouvez-vous point que parfois
Il reste sur votre arrière-train
Les reliefs d’anciens repas
Cela ne vous gène-t-il pas
Qu’une partie de votre fourrure
Après avoir posé ce plat
Attire les mouches et soit dure ? »
« Cela jamais ne m’incommode :
Pour vagabonder dans les prés
La fourrure brune est à la mode
Et l’odeur en est fort prisée. »
Maître l’Ours, à ces mots, se lève,
S’empare de Maître Lapin
Et en poussant un soupir d’aise
Le passe sur son arrière train
Puis il se dandine et repart
Laissant Maître Lapin penaud
D’avoir réalisé trop tard
L’inconséquence de ses mots.
Fort dépité Maître Lapin
Eut la pensée que je vous dis :
« C’est au fondement du besoin
Que l’on reconnaît ses amis ».
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Kono komatta joutai kara mada nukedashiteinai!
Kono komatta joutai kara mada nukedashiteinai!





