Accueil Casafree : Textes libres...
Forum de discussion
inscription

 
aylanis


De: Rabat

96 envois
Posté le : 01/08/2004 20:41
Vers, prose, postez ici des écrits que vous ne pourriez classer.
aylanis


De: Rabat

96 envois
Posté le : 01/08/2004 21:38
15.07.04
Retour à un Maroc primitif, au Maroc de mes ancêtres, où l'on sent bon le crottin frais, où les plafonds du village sont de chaux et les murs farineux; où la plus belle maison est celle où se trouve le maximum d'ampoules.
Juchée sur cette montagne abandonnée j'observe avec amertume ce que fut leur passé, ce qu'aurait pu etre mon present.
Je contemple ce ciel noir incrusté de perles dorées, j'écoute la complainte des grillons tout en partageant mon repas avec les mouches.
Je constate comme une blessure inguérissable les coutumes des miens, quand l'homme tonne de sa grosse voix et que la femme accourt, pieds nus et tête recouverte, plats en main, menton baissé. Regard froissé.
Rien ne pourrait apaiser cette mélancolie en moi.
Rien, sauf la juteuse part de pastèque que je happe gloutonnement de mes lèvres déssechées.
Et je regarde cette vieille dame, ma grand-mère, toute ridée à l'exterieur mais aussi fraîche et naïve à l'intérieur qu'un nourisson au berceau.
il y a bien longtemps que tous ses souvenirs se confondent, il y a longtemps que ses gestes sont devenus machinaux. Plus rien ne la raccroche à la réalité. Elle a la sienne et ne se nourrit plus que des histoires de famille, des déboires de voisinage; et de ses rêves qu'elle interprete comme bon lui semble, ses rêves qui se ressemblent tous. Ces songes qu'elle invente sûrement, où mon père, sa chair meurtrie, sa part la plus chère décédée prend place et parle.
Mon âme est bien plus frippée que le visage de ma grand-mère.
Je me retire de leur companie, entre dans une chambre où la lumière est eteinte, et trouve ma cousine allongée.
Ah, ma cousine, ma grosse cousine, qui boude la famille; qui boude la famille parce qu'ils trouvent tous que les jeans et les pantalons serrés ne lui vont pas. Mais elle les aime,elle, ses pantalons achetés aux soldes du magasin du mari de sa tante, des vêtements achetés en ville, oui; à Casablanca en plus !! Ah ma cousine, ma grosse cousine qui se sent rebelle dans l'âme depuis que la télévision marche, depuis que Rosalinda est heureuse; depuis que Rosalinda s'est mariée !!!!
Si ce n'est pas pathétique.
Et la peur au village, l'esprit de la fille qui s'est fait assassiner la semaine derniere par son voisin, la pauvre fille qui allait se marier le lendemain; l'esprit de cette fille qui empêche désormais toute jeunette à dormir seule...
il fait chaud, il fait lourd.
Pourquoi se sentent-ils tous obligés de se concurrencer, à qui se souviendra des anecdotes les plus touchantes concernant mon père, et ma mère qui les regarde d'un air attendri... quelle connerie.
Et ma grand-mère qui attrappe mon visage entre ses deux mains dures comme l'ecorce et qui m'embrasse du bout de ses yeux trempés, répétant le nom de mon père, le retrouvant dans ma posture bougonne, têtue et fière.
Un soupir m'échappe, une fine mélodie s'ecoule dans mon regard. Je me lève, grimpe les hautes marches irrégulières en prenant appui sur mes genoux fatigués; poursuivie par la femme de mon oncle qui tient à m'offrir un chewing gum FLASH pour ma réussite scolaire, ses seins lourds comme des citrouilles se détachant et cognant son ventre flasque et rond, un sourire satisfait sur sa face terreuse quand ses doigts dodus et rêches lâchent la récompense dans mes mains ennuyées.
Demain j'irai voir mon père sur ce terrain fleuri où il est couché depuis trois ans déjà.
Demain j'irai lui parler, demain sans raison mes larmes couleront sur mes joues roses de misère.
Demain, entre les mauvaises herbes et les roses fanées, entre les moutons, les seaux d'eau et les sachets plastique, je me frayerai un chemin et j'irai jusqu'à lui, jusqu'au marbre qui le recouvre...
Qui ne recouvre plus rien.
Et puis je partirai.
faith
Curieux

De: RABAT

555 envois
Posté le : 01/08/2004 23:25
"Il me dit que je suis belle et qu'il n'attendais que moi,il me dis que je suis seule juste faite pour ses bras".....la chanson se repete d'elle meme dans ma tete,je me dis "je me dis que tu es seule,tu n'as pas besoin d'autre que toi".L'independance,je crois que c'est l'une des choses les plus importante dans une vie,j'aimrai naitre gitane,ou vagabon parcque une vagabonde c'est jamais libre,na na trop de risques!!!
J'ai envie de .... de dormir sous un toit fabriqué a l'aide des billets,sortits de banques grace a la sueur de mon front,j'aimerai ne devoir rien a personne,etre libre de mes mouvements,n'agir que par et pour moi,afin de mieux pouvoir offrir.J'aimerai entrainer un inconnu dans une valse effrené ,embrasser celui la le desespéré,frapper l'autre là-bas l' effronté,claquer la porte au nez de tous les curieux,mettre tout ce qu'il y'a de plus extravagent, et rire ,rire a m'e decrocher les machoires,draguer à tous va ,aimer de tous les parfums,bref m'affranchir de toute frontiere,ou plutot des contraintes de CETTE société!!
A present je comprend l'exil,vouloir a tout prix vivre sa vie,car à qui de droit de vous la borner ,de la limiter de toutes parts,et maladroitement qui plus est.
_________________
Tout ce qui ne tue pas rend plus fort.
aylanis


De: Rabat

96 envois
Posté le : 03/08/2004 22:41
Grises et dures sont nos vies. Une âme, la mienne, s'exprime au beau milieu de rien, luttant contre le néant qui tente de la posséder et de la mettre à terre. Erre et se lamente. Tourmentée mais fière, elle tournoie et s'élève avant de choir dans une eau trouble et abondante. Pédante et pieuse, elle se redresse et danse grâcieusement au fur et à mesure que ses pas tracent leur existence sur un long chemin poudreux.
Creux, creux et docile, elle se heurte à un mur, cette malhabile. Ame perdue, âme damnée, t'ecrieras-tu un jour que ta voie est trouvée??
Ton antre est fêlée, tes yeux sont muets, mais tu voltiges et refuses tout subterfuge inutile, tu ris mais tu as peur, tu as peur que ta lune se noie pour toi, tu crains de perdre ce morceau de chair astral qui te retiens ici bas, il n'en reste plus rien; un maigre croissant et quelques éclairs...
Ame, il pleut sur tes joues, arrête de jouer et acceptes la bonté de la nuit...
Ta lune larmoyante t'as maudit, âme bornée, ta lune a souhaité voir ton coeur brûler comme tu embrases le sien, et tu attends, et tu imagines, et tu ris...
Ton souffle entrecoupé te dénonce, tes paupières voudraient se refermer sur une vision sucrée, mais ta lune édentée hurle sa misère et te fixe, te blâme et te serre de ses doigts squelettiques et glacés.
Grises et dures sont nos vies,mon âme. Et si tu essuyais de tes mains la buée de ton esprit?
Anonyme
Posté le : 07/08/2004 1:35
salam

Citation :
Lwiyen a écrit :

LETTRE A ELLE MEME

Voici donc notre première rencontre...
Je me présente, je suis toi. Avec tout le respect que je te dois, je me permets de te tutoyer. Ne m'en veux pas trop. Je suis toi. Bon c'est vrai, je l'avoue, cela peut te paraître tout à fait invraisemblable, mais je suis toi. Sauf que j'ai seize ans, et toi, quarante-deux.
Je m'adresse à mon moi adulte. Tu existes, tu es là, du moins, dans mon esprit. Ton prochain esprit, ta prochaine personnalité, existent, quelque part. Quelque part en moi, le futur, comme le passé, existent, simplement, nous ignorons le premier, et croyons connaître le second.
Mais tu es là, tout près de moi, je le sens. Ou alors c'est moi qui suis à tes côtés.
Je suis assez émue de me parler, j'ai d'ailleurs l'impression de m'adresser à quelqu'un d'autre, autre que la personne que je désire devenir, du moins lui ressembler, car, la seule chose sûre en ce qui concerne l'avenir, c'est qu'il n'est jamais conforme à nos prévisons.
Enfin, trêve de paroles sans importance. Je ne te parle pas juste comme ca. J'ai tout d'abord un merci à t'adresser. Un merci parce que, en t'écrivant, tu te rapelleras de moi, forcement, vu que c'est moi qui suis en train d'écrire là. Et aussi, parce que tu m'accorderas quelques minutes, du moins l'ombre silencieuse d'un souvenir enfoui, peut-être, du moins à jamais dans les archives de notre mémoire.
Maintenant j'aimerai bien savoir ce que tu penseras de moi. La Najat de seize ans. Rigoleras-tu? Vocifereras-tu mille colibets au nom de mon infinie connerie? Blasphêmeras-tu contre la nostalgie? Qu'auras-tu à m'envier? T'inspirerai-je pitié? Je ne saurai y trouver quelque réponse. Seras-tu celèbre, La Najat de quarante-deux ans? Auras-tu des enfants? Je sais bien que mes questions sont orphelines. Tout simplement parce que tu es toi, et que je suis moi, et malgré le fait que nous soyons moi et que nous soyons aussi toi, nous appartenons à deux mondes proches mais parallèles. Ca c'est ma version des faits. Je t'imagine déja retomber sur cette lettre, tu écarquilleras les yeux, tu diras : C'est pas vrai ! J'ai fait ca? . Et j'espère que tu en riras. Je caresse en tout cas l'espoir que tu daignasses lire ces lignes avec un quelconque sourire, qu'il soit jaune, triste ou jusqu'aux dents. C'est important de sourire. Demande à tes muscles zigomatiques, ils partageront mes idéaux.
J'espère en tout cas que tu ne seras pas stéréotypée. Ah non ! s'il te plait, ne me fais pas ca ! Ne t'attache point à l'argent, prends-en les bonnes choses, mais n'en abuse pas. Biensur je ne te demande pas d'être parfaite, loin de là, mais juste de ne pas être vénale. C'est mon droit non?
Aussi, j'espère que tu seras dotée d'une aussi forte personnalité que je ne le suis, ce serait dommage que tu deviennes timide avec l'âge, je ne l'ai jamais été, tu ne le devrais pas non plus.
J'espère aussi que tu seras heureuse en amour... Ahh mais... j'espère j'espère, ce n'est pas tout.
Je veux aussi.
Je veux que tu apprennes de mes erreurs. Je veux que tu pleures de mes chagrins, je veux que tu te relèves les yeux gonflés de larmes, que tu cries un bon coup et que tu mettes du hardrock à fond pour te rappeler ta jeunesse, biensur, je suppose que le hardrock sera tout démodé, tout ridicule, n'empêche, tu le feras, tout simplement parce que ca te fera du bien. Je pense que tu n'auras plus de piercings. Mais j'aurai bien voulu te voir les garder, juste pour moi. Et tes tatouages, ceux-là, tu ne pourras pas les enlever, à moins que la science se soit assez modernisée pour te permettre de les enlever. Mais je ne veux pas que tu les enlèves, car tu auras marqué dans ta chair le souvenir de ta jeunesse.
Je veux que tu sois tolérante, encore plus que je ne le suis. Que tu tues le moins de fourmi possible, s'il te plait. Tu me connais avec les fourmis. Que tu lises aussi beaucoup. Tiens je me demande quel boulot tu aurais, et s'il faudrait que tu l'achevasses ou si tu te contenterais d'en changer le plus possible. Mais je ne devrais pas m'adresser à toi au conditionnel, non non ! Car toi, tu fais partie de mon futur.
J'espère t'écrire le plus souvent possible, en tout cas, tu as interêt à lire toutes mes lettres, je sais que tu le feras, que tu attendras ton quarante-deuxième anniversaire juste pour voir ta propre réaction, sotte que tu es, du moins, si j'arrive jusqu'à toi... J'ai encore vingt-six ans à vivre, et j'espère que tu fêteras ton quarante-deuxième anniversaire... en ma compagnie.
sand
Timide

54 envois
Posté le : 15/08/2004 15:34
une tres belle letre, merci ABwaBE

je pense que je fré pareille moi!!!

deja, en lisant mes anciens journaux intimes ca me fait tt plaisir

que dire d'une lettre qui me sra adressé par moi !!!!

bizarre mais prometteur
_________________
rien.
Anonyme
Posté le : 16/08/2004 17:02
Jaimerai connaitre votre avis sur la lettre que j'ai écrite. Je veux dire, plus developpée, mieux rédigée, ca srai bien?
Vous trouvez ca stupide?
Donnez moi votre avis plz !
sand
Timide

54 envois
Posté le : 17/08/2004 0:44
wa3ra bezzaf !!!!

mais je pense que si on prend la peine de te la corriger ou te la modifier ca sra plus TA lettre!

je trouve qu'elle est parfaite, chapeau.
_________________
rien.
faith
Curieux

De: RABAT

555 envois
Posté le : 19/08/2004 0:43

--------------------------------------------------------------------------------

Il l'attrape par la taille ,il la serre tout contre lui ,il lui susurre des mots au creux de l'oreille,il la cajole,il la couve du regard...elle le regard posé sur un point au dessus de son épaule reste figée immobile ,glaciale.
Il,lui , l'homme au coeur brisé la regarde ,belle,fragile ,enfantine ,tétue,tellement femme..Il ne sait plus,que peux il faire,il n'as plus de recours,partir?tourner le dos?s'enfuir comme un lache,courir dans la penombre,le coeur glacé,retenir ses larmes,ses cris?
Il lui prends les mains,chaudes ,il les posent tendrement tout contre son coeur,il la regarde,elle n'esquisse pas un geste..."Ecoute le,ecoute le...il a mal......je t'en prie...apaise le..il n'est que tissus et sang"
Pas un mot.
"Je m'en vais.....regarde moi que je puisse me commemorer ce moment du diable,que je puisse rever d'une issue plus heureuse...regarde moi..."
La sueur perlait à son dos,malgré la legere brise,il se setait suffoquer,sa gorge était pise dans un étau.
Il fit un dernier pas vers elle,le bras tendu suppliant...il se retourna marcha,couru,s'engouffra dans les ténèbres.
Elle frissonna au contact du vent,envellopa ses bras autour d'elle,elle sentait encore le poids de sa main..

_________________
Tout ce qui ne tue pas rend plus fort.
faith
Curieux

De: RABAT

555 envois
Posté le : 19/08/2004 0:44
Pour toi saad:

Solitude quand tu me prends,j'essaie de me degager de tes bras entreprenants,tu me voudrait comme amant,que je t'etraigne,que je te serre tout contre mon coeur,que je m'emplisse de ta langueur,que je m'asoupisse contre ton flanc.
Tu me possede,tu me fais complice de toi,tu me pousse à m'eloigner de ceux que j'aime,femme possesive,tu m'emprisonne dans ton ile secrete.
Un prisonnier aurait plus de repit,tu me garde loin de ma famille,de mes amis,laisse moi donc respirer l'air chaleureux de mon pays,ouvrir mon bras a mes soeurs ,à ma vie.
Quoi que je fasse tu réaparrais, est ce donc mon sort de t'etre ainsi lié,pourquoi ne t'attache tu pas à un autre , moi j'aime les odeurs epicé, voir l'horizon de la mer , et me sentir sur ma terre.
Au plus profond de la discorde je me refugie dans l'ivresse de l'illusion,je me reveille etourdi, encore plus sous ton joug.
_________________
Tout ce qui ne tue pas rend plus fort.